/// littérature ado ///Chère Agnès D.,
"La plus belle fille du monde", voilà un titre qui fait rêver, un titre comme on les aime. Un peu comme "Faire l'amour" ou "Le potentiel érotique de ma femme". Pour votre héroïne Sandra, une ado de 14 ans qui écrit son premier roman, "avec les livres, les titres suffisent".
Pas pour moi. Même si un bon titre peut parfois cacher un mauvais roman, je m'y risque toujours.
Cette fois-ci, aucune déception, rassurez-vous ! Sandra, perdue entre ses problèmes existentiels d'ado et ses soucis narratifs m'a beaucoup touchée. Elle se plaît à analyser sa propre écriture, et les ressorts de son roman. Si je résume le cours d'écriture selon Sandra, ça donne à peu près ça :
- les digressions : "c'est important les digressions, dans les romans. Je n'ai pas encore très bien saisi pourquoi, mais j'ai quand même décidé d'en faire quelques unes" (tant mieux!).
- les paradoxes : "c'est quand des choses incompatibles coexistent, c'est très angoissant. Ca donne l'impression que rien n'est stable".
- les métaphores : "le problème avec les métaphores, c'est que, quand on les regarde de près, il y a toujours un élément un peu ridicule dedans".
Voilà, je crois que si tous les profs de français adoptaient ce discours, on dégoûterait beaucoup moins d'ados de la littérature...
Bien à vous
Lucie S.
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